Domaine de la Charrière: Yves Girardin

Yves Girardin au chai

Yves Girardin au chai

Les Girardin c’est une famille de Santenay. Quatre enfants, tous dans le vin, dont Vincent le frère « mondialement connu » dixit Yves.  Homme de vigne bien plus que de chimie, ça se sent directement. L’expérience fait loi, c’est ainsi que les barriques 100 % neuves du départ sont peu à peu remplacées pour obtenir un parc moins important en bois neuf. C’est aussi des essais de tonneliers différents, jusqu’à trouver un bois qui convienne à ses vins. Seguin Moreau, en essai, ne convainc pas forcément. On essaie Tassin, ancien de Seguin Moreau, ayant fondé sa propre société. Et d’autres.

Et c’est plutôt instructif, alors que nous goûtons dans le chai directement sur fûts les 2008, de voir à quel point un bois peut influer sur un vin. Certains fûts semblent presque écrasés par le bois, d’autres s’en sortent relativement bien. Ce qui est sûr, c’est que 2008 recèle un potentiel acidité assez important. Evidemment, les vins doivent encore faire leur malo ( opération de dégradation de l’acide malique qui fait chuter l’acidité des vins et les rend plus souples), mais pour les rouges au moins, Yves souhaite qu’elles ne se fassent pas trop tôt, pour extraire de la couleur. (problème rencontré au millésime précédent, des vins trop peu denses en couleur selon lui).

Sur cuve, nous goûterons deux Santenay, les Maladières étant celui qui nous impressionera le plus, par sa finesse et son élégance, le Clos Rousseau étant beaucoup plus costaud. A revoir plus tard, si l’impression  se confirme. Un pommard également, assez dans la démonstration.

En bouteilles, nous goûtons:

Bourgogne blanc 2007: joli fruit, pas très long, mais franchement plus qu’honnête pour le millésime pas évident

Santenay blanc 2007: très joli vin, complexe, acidité maitrisée, belle longueur, élevage bois pas trop marqué. L’acidité du vin l’aurait il fondu?

Santenay rouge 2005 les Maladières: La preuve qu’on peut faire de très bons vins sur une appelation pêut être moins prestigieuse que d’autres en Bourgogne. Assez élégant, fruité sans être trop jus de fruit.

Maranges rouge 2007: assez puissant, mais sans rugosité. Un vin assez franc du collier. A regoûter pour se faire une idée plus précise.

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23 février 2009 at 3:08 2 commentaires

Champagne Roses de Jeanne: Cédric Bouchard

Cédric Bouchard

Cédric Bouchard

J’avais eu un coup de coeur pour ses champagnes, et d’année en année, l’impression se confirme. non seulement, les vins, tout en pureté et finesse, gagnent en maturité et en précision d’année en année, mais en plus le bonhomme est très sympathique et ouvert, un peu surpris par ce qui lui tombe sur la tête en ce moment. Quelques notes élogieuses de ci de là, et surtout au Wine Spectator,et voici Cédric porté au firmament des vignerons de Champagne qui comptent. Des cuvées confidentielles, parce que Cédric ne posséde pas de propriété immense, ou des dizaines d’hectares. Il fait du vin, presque comme une dînette. Dans un coin de cave, tout seul ou presque, très exigeant, il arrive à tirer la quintessence de ses monocépages et de ses terroirs. Quel contraste quand on arrive chez lui, tout fièr de nous présenter son parc de fûts. (quatre… pas de faute de frappe, vous avez bien lu quatre fûts…). La petitesse de la production permet néanmois une chose: contrôler du début à la fin toute la production. Evidemment le moindre accident coûte cher. Une capsule défectueuse, et c’est trois magnums qui s’envolent. Quand on sait le nombre quil y avait au départ, c’est rageant.

Tout est vinifié par cépage, et par parcelle, essentiellement du pinot noir, mais aussi un peu de chardonnay et de pinot blanc. A venir bientôt des coteaux champenois. Patience encore.

Inflorescence: ce que j’aime dans ce vin, c’est sa pureté. C’est droit, franc, avec une jolie matière, très tendu. On pourrait presque penser à un chardonnay, tellement le côté ample (et parfois un peu molasson) du pinot noir seul est ici remplacé par une nervosité fraiche, en fruit et en élégance. C’est pur, ça sait où ça va, et ça vous emmène loin. Un apéritif parfait, ou un vin de plaisir pour lui même.

Inflorescence 2001: racheté à un voisin qui a produit un vin dans le même esprit, cette cuvée represente une sorte d’activité de « négoce ». Comparée avec l’Inflo classique, celui ci est beaucoup plus ample et gras dès le départ, avec une immédiateté déroutante par rapport à la première, mais on perçoit une belle touche minérale sur la fin. Le vin devient plus pointu au fur et à mesure de l’oxygénation.

Roses de Jeanne Les Ursules: Toujours en pinot noir, Les Ursules est un vin de patient. Il ne se livre complètement que si on lui en laisse le temps. Au fur et à mesure, l’acacia et letilleul des premiers nez gagnent en complexité et en matière, pour finir par exploser en une sensation fruitée pleine de charme et de fraicheur. Un vin de gastronomie, impérativement.

Chardonnay 2004: Déroutant ce chardonnay. extremement mûr, sur les fruits jaunes, avec une matière impressionante pour un pur chardonnay, on n’imagine pas que le vin provient de vignes âgées de 6 ans à peine… Qu’est ce que ça donnera dans dix ans? Evidemment, Cédric les bichonne ses vignes, pour qu’elles ne portent pas trop lourd… Vous connaissez le boeuf Waggyu ? On n’en est pas loin 😉

A noter: Pour tous les vins , pas d’adjonction de souffre à la mise. Seulement à l’étape des vinifs.

10 février 2009 at 7:40 Laisser un commentaire

La liquoristerie Cartron

Basée à Nuits Saint georges, la liquoristerie Cartron fabrique bien évidemment des liqueurs, mais aussi des crèmes, et des eaux de vie.

En ce qui concerne les liqueurs et les crèmes: les modes d’élaboration se résument en trois points selon la nature des produits de base (suite…)

9 février 2009 at 1:19 Laisser un commentaire

Une semaine en France

Je vens de passer une semaine à faire ce que j’aime le plus… Sentir les vigns, les voir, rencontrer les vignerons, goûter leur travail. Parce que c’est bien beau d’avoir des bouteilles dans un rayon, mais derrière, il y a des gens. Des hommes, des femmes, qui rendent une certaine réalité aux choses. Discuter avec eux, prendre conscience de leurs difficultés parfois, de leur bonheur souvent, moi ça me donne juste envie d’encore plus parler de leursvins. parce qu’on sait le travail et l’implication qu’il y a derrière.

Et puis, le plaisir de voir la vigne, de sentir la terre, c’est incomparable. Les goutelettes de pluie accrochées au fil de fer , le cep noir comme ramassé sur lui même en attedant des jours plus chauds, la taille qu’on effectue en ce moment, les hommes qui les bichonnent, les grands feux de sarments que l’on voit brûler au bout des rangées bien alignées, l’odeur qui s’en dégage. Malgré le froid (et aussi la neige, un jour), le brouillard, contempler les vignes conserve un truc magique. Parce que c’est là avant tout que se fait le vin, en tout premier. Un raisin « sain » , c’est juste une superbe matière première à travailler ensuite, comme en cuisine. Prenez de très bons produits, vous n’aurez pas besoin d’artifices, de sauces compliquées, de machins chimiques…

Donc, ces jours ci, je vais vous parler un peu de ces vignerons là: deux en champagne, deux en Bourgogne, des optiques de travail différentes, mais un même gout de la précision.

8 février 2009 at 7:28 Laisser un commentaire

Vin du Jura:Ganevat

J’aime beaucoup les vins du Jura. Et plus encore quand ce sont des vins  » natures ». Ceux de Ganevat sont de petites pépites, la preuve en a été encore faite hier, avec une cuvée 100 % chardonnay, la Florine.

Si quelques arômes fermentaires se présentaient au premier abord, un peu d’aération a suffi à redonner tout son ciselé à ce vin. Souvent, je remarque que les vins « sans souffre » (en présentant très peu du moins), ont besoin d’une aération plus ou moins longue selon les cas. Ils sont moins immédiats que d’autres vins. Mais pas moins intéressants.

Qu’est ce que ça disait alors ?

Et bien: un nez plutôt sur les épices chaudes (cumin, girofle, …), une pointe rappelant vaguement le jaune et ses arômes typiques de noix, quelques fruits (abricot seché). La bouche se révele droite, ample, prolongeant le nez, et ajoutant une pointe de curry à sa gamme. La finale se joue toute en fraicheur. Un beau chardonnay qui n’a absolument rien à voir avec les bourguignons, mais qui joue dans une cour différente, plus dans le registre acéré et mordant que du moelleux brioché.

A signaler, les 24 mois d’elevage foudre.

Si vous ne connaissez pas encore les vins de Ganevat, courez vous en procurer et dégustez…

29 janvier 2009 at 12:24 1 commentaire

Dégustation spéciale Italie.

Pour le premier vrai post ici, on va se faire une petite thématique spéciale. On part au soleil, ça vous dit ? L’ Italie, avec des vins très différents, mais très intéressants.

On commence avec des bulles. Prosecco Conegliano Valdobiadenne, brut,  Azienda Agricola Le Manzane. A l’apéro, voilà des bulles légères et gourmandes, qui passent très bien.Fines et élégantes, tout se déroule autour de la pêche et de l’abricot.

Recit Roero Arneis, (DOCG), 2007, Monchiero Carbone. Vin frais, léger, un peu pomme verte, mais surtout très minéral, il a accompagné à merveille le saumon fumé auquel il était destiné. Une belle fraicheur, et de la profondeur. Vin du Piémont.

Irisse, Montecucco , Vermentino 2005, Collemassari: Surprenant blanc, où le boisé présent n’écrase pas le fruit. Beaucoup de puissance, de longueur, et presque de mâche pour ce blanc hyper aromatique. C’est bien simple, servi avec des langoustes à la truffe (avec juste un fond de poisson crémé), il a démontré qu’il n’avait pas à s’aplatir devant les arômes du champignon. Vraiment un vin de grande classe.

Icario, Rosso icario, Toscana, (IGT), 2006: La Toscane, c’est la région du Chianti, mais pas que. On y trouve aussi de jolis vins frais et friands, qui font plaisir à boire, sur le fruit et sans prise de tête. Un peu court peut être, mais c’est vraiment la seule objection, ne boudons pas notre plaisir.

Amarone della Valopolicella (DOC), Valpantena Brolo del Figaretto 2005:

L’amarone est un de mes vins coup de coeur depuis longtemps. Offrant des vins forts, et souvent pas mal alcoolisés mais onctueux, il s’agit quand ils sont bien faits de purs nectars. Malheureusement, en trouver à un prix abordable est parfois compliqué. Alors celui ci, dans un registre accessible, se défend pas mal. Plein de velours, riche sans être pateux, il développe toute l’onctuosité propre aux amarones sans pour autant atteindre le charisme des plus grands. Mais cela reste un très bon vin.

Pour la petite explication, l’amarone est obtenu en Vénétie (dans la région de Valpolicella) à base de trois cépages   (Corvina Veronese, Rondinella et Molinara). Ensuite, après la récolte, on fait sécherles raisins, et l’on presse. On vinifie, et on obtient un vin capiteux, au taux d’alcool élévé, et qui doit encore vieillir trois ans (en fûts) avant d’être commercialisé.

Madonna Alta, Sagrantino di montefalco (DOCG), passito 2004, Ferraro agricola. Vin d’ Ombrie, le Sagrantino est un vin de dessert, à ne pas confondre avec le Montefalco issu de sangiovese qui est lui un rouge classique. Il s’agit ici d’un passito, donc d’un vin issu de raisins sèchés en partie (méthode du passerillage) extrémement concentré en sucre. 30 mois de vieillissement sont nécessaires. Il existe aussi une version classique donc non sucrée du Sagrantino, mais elle est un peu moins intérressante. Peu connu, en raison de la faible production, c’est pourtant un vin délicieux. Evidemment, on tourne autou du fruit rouge, avec une nette préférence pour la griotte, une longueur assez impressionnante, et un beau fruité que ne gâchent pas les 14, 5 % d’alcool.

5 janvier 2009 at 1:58 6 commentaires

Du plagiat, de l’impersonnalité, et du copier coller

Quand j’ai commencé ce blog, ma principale motivation était de faire partager, d’écrire, et de donner mon avis personnel, ma vision des choses sur le vin en particulier, et la gastronomie en général. Au fil du temps, il a évolué. En fonction des rencontres, des visites que j’ai pu faire sur d’autres blogs, de mes envies. Mais l’esprit n’a pas changé, lui. J’ai toujours voulu que ce blog soit personnel.Mais, et là, je vais râler un peu, ce n’est pas grave, vous avez l’habitude, je constate que chez quelques bloggueurs, et parfois pas ceux dont les blogs sont les moins fréquentés, il existe une tendance au copier coller assez énervante. C’est déjà agacant en soi, car une info, relayée par les mêmes canaux un bon nombre de fois, perd de sa pertinence et de son efficacité en zappant son originalité.

Ce qui est encore plus énervant, c’est quand lesdites infos sont reprises sans citer les sources, ce qui revient pour l’auteur à s’attribuer tout le mérite de l’article. Ca me semble non seulement mensonger, mais aussi assez peu respectueux de l’auteur, et des lecteurs du blog en question. Je comprends bien que surtout en ce qui concerne des explications « techniques » il est à la fois plus facile et plus sûr de prendre des infos sur des sites ou des blogs sérieux. Mais il me semble que citer ses sources fait partie de toute recherche. Que c’est un gage de sérieux. et d’honnêté.

Evidemment, sur des blogs culinaires où à priori, l’on traite surtout de recettes, c’est compliqué. Compliqué car il est parfois difficile d’établir une paternité pour des recettes classiques. Que certaines sont tellement du domaine public qu’on ne saurait pas en préciser la filiation. Maintenant, il y a une marge entre réviser des classiques, et s’approprier des créations originales. Bien entendu, tout blogueur sait qu’à partir du moment où il met en ligne un billet, il ne lui appartient plus vraiment (sauf si’il l’a protégé par un creative commons par exemple). Mais retrouver à la virgule près une de ses recettes, en constatant que non seulement l’auteur ne vous cite pas, mais présente en outree la recette comme une de ses spécialités, ça s’appele du plagiat. de la malhônneté manifeste.

Tout ça pour réagir à ce qui est arrivé à un blogueur que vous connaissez certainement, et que j’aime beaucoup. Il a du talent, et c’est dommage que d’autres, non sans vergogne se l’approprient. Une fois aurait pu être une erreur, mais l’auteur (si on peut l’appeler comme ça) est coutumier du fait. J’ai parcouru son blog, et j’ai pu le constater. C’est assez lamentable, et surtout inutile.

Enfin, il y a suffisamment de bons blogs et de gens sérieux, que pour accorder une tribune à ces pratiques là.

Plus d’infos:

http://un-cuisinier-chez-vous.skynetblogs.be/post/6565831/humour-plagiat-et-agacerie

http://passion-cuisine.skynetblogs.be/post/6566941/un-petit-conte-pour-celle-qui-se-reconnaitra

http://lacuisineliegeoise.skynetblogs.be/post/6567232/voici-une-pub-antiplagiat-destinee-a-une-blog

http://le-celibat-ne-passera-pas-par-moi.skynetblogs.be/post/6569572/-labus-de-plagiat-nuit-gravement-a-votre-pers

1 janvier 2009 at 5:24 Laisser un commentaire

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