Archive for décembre, 2008

Je râle

Bon, allez, je vais pas pouvoir m’en empêcher. Je sais, je devrais pas m’énerver pour ça. Mais ça m’irrite, j’y peux rien. Alors voilà.Au début, ça peut prêter à sourire, c’est quand on pousse le raisonnnement un peu plus loin que ça devient agaçant.

Un client entre au magasin. Pour acheter du vin jaune. Jusque là, tout va bien. Puis il s’aperçoit du prix du vin, me dit: « vous savez, c’est pour cuisiner, vous n’avez pas quelque chose de moins cher? »

Je lui explique en gros pourquoi le vin jaune est à ce prix là, et ensuite lui propose en alternative un blanc non ouillé, tout en lui indiquant que c’est pas tout à fait pareil quand même.

Je vois qu’il hésite encore un peu. Puis me dit: « Et si je prends un bête vin blanc, ça n’irait pas? Parce que je veux faire une poularde aux morilles et au vin jaune. Mais les morilles c’est trop onéreux, alors je mets des champignons de Paris. Et la poularde aussi, alors je prends un poulet de batterie. C’est meilleur marché. »

En gros, son plat n’aurait plus rien à voir avec la recette originale, mais c’est pourtant sous cet intitulé qu’il le présenterait à ses invités.

Et ça m’agace.

Parce que c’est nier le produit. bien sûr, certaines denrées sont des luxes, mais il vaut mieux pour moi un bon produit sain et goûteux , que de vouloir singer le luxe et rapiner sur tout. Au détriment de la qualité.
C’est toute l’histoire des champagnes bon marchés. Qui seraient parfois à abandonner au profit d’un bon crémant.

Bref.

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29 décembre 2008 at 5:26 Laisser un commentaire

Dégu en rafale

Quelques vins dégustés en rafale: accrochez vous, y en a pour tous les goûts:Parce que moi le champagne j’aime bien ça, et qu’il faut jamais me demander trop longtemps pour en goûter, Veuve Cliquot Rich reserve 98.

Un champagne présentant un nez tres mur, de fruits jaunes comme une bonne pêche mûre et juteuse, beaucoup d’élegance et de maturité, une belle bouche ronde et ample, un peu moins longue que dans mes derniers souvenirs de dégustation. Il semblerait qu’il soit temps de devetir la Veuve, et de lui faire son sort, avant qu’elle ne soit tout à fait fanée.

Ensuite, parce que C’est le Week end, et qu’on parle presque jamais des vins autrichiens, voici Kibitz,le Wine weekends de chez Opitz, un pinot gris de la région de Neusidlersee.

Surprenant est assurement le qualificatifqui vient spontanément. On est bien loin des pinots gris d’expression alsacienne, ici on va vers du frais, du végétal. De la verveine. En plein, une explosion tant au nez qu’en bouche. Difficile de placer ce vin sur de la cuisine, mais à l’apéro, ça peut être un joyeux compagnon, avec juste un petit retour sucré. Tres sympa.

J’adore les blancs de Bourgogne.Je ne me fais donc pas prier pour en goûter. Ici, un mercurey 1er cru, En sazenay 2005 de Tupinier Batista.

Dégusté à quatre, tout le monde l’a aimé. Je l’ai trouvé un poil trop vin de pute, mais chacun ses goûts, hein? Trop dans les clichés bourguignons, brioche, beurre frais, etc, et manquant d’un peu de finesse. Néanmoins, ça se laisse boire. Bref, pas un vin de grandes émotions, mais un vin techniquement irréprochable et consensuel.

Partons en Suisse, gorgeons nous de sucre avec cette amigne de Vetroz, cuvée Mitis de chez Germanier en 2001, composée exclusivement de vendanges flétries sur souche.

C’est peu de dire que c’est bon. C’est une super tisane à siroter au coin du feu, en bonne compagnie. Plein de fruits exotiques, de fraicheur, de longueur suave, jamais ce n’est lourd, malgré une richesse en sucre assez importante. Il faut goûter un vin comme ça au moins une fois, ça reconcilie définitivement avec le sucre.

Revenons vers la France, mais soyons d’insupportables gamins, comme cet « enfant terrible », de Jean François Ganevat. Un poulsard 2007, en cotes du jura.

Déroutée au départ par la couleur tres pale du vin, on aurait presque dit un rosé, je me suis vite laissée séduire par sa griotte ensorceleuse, tant au niveau du nez que de la bouche. Voilà un vin qui se boit, enfin. Pas un vin dont on a envie de parler pendant des heures, juste envie de vider son verre et de dire encore! C’est gourmand, frais, digeste, sexy, bref, en voilà un avec qui je vais apprendre à converser encore souvent.

28 décembre 2008 at 5:27 Laisser un commentaire

Devenir expert en vins en moins de 5 minutes

Pour épater en société,suivez ces petits conseils:

D’abord prenez le temps d’observer la couleur du vin en silence et pendant au moins cinq longues minutes.Vous devriez déjà attirer les premiers regards. Ensuite, après une longue inspiration, dites:« quelle limpidité et admirez ces larmes dues au glycol ». Vous venez de marquer vos premiers points.

Puis,il vous faudra renifler à petits coups (un peu comme un chien sentant le derrière d’un congénère) d’un air profond et mystérieux. Moment délicat numéro un,vous devez maintenant faire tournoyer le vin dans le verre (prenez garde à ne pas inonder le voisin et perdre ainsi toute crédibilité). Répétez cette opération plusieurs fois,afin de bien montrer votre sérieux et votre concentration. Ensuite,allez y joyeusement. Lancez vous dans un festival de qualificatifs et adjectifs en cascade… Vous noierez ainsi vos auditeurs médusés par le flot de vos paroles et de votre science supposée. Utilisez des odeurs inusitées (platane frais,baobab centenaire,dysenterie de lynx…les animaux ça marche toujours!) Surtout pas d’odeurs simples et facilement identifiables,malheureux!!!

Vient ensuite le moment de la mise en bouche. Hé oui,on ne boit pas , on crache et si possible en gardant sérieux et dignité. Il vous faudra grumer (faire pénêtrer de l’air dans la bouche tout en y gardant le vin; un conseil, entrainez vous d’abord avec tous les liquides qui vous passent sous le nez, attention pas le gel douche du matin , bizarrement ça marche moins bien). Grumez donc longtemps,mystérieusement…Crachez, ne dites surtout pas un mot, et recommencez. Normalement, à cet instant votre auditoire conquis attend vos paroles divines.

C’est votre grand moment…lachez vous! Improvisez après ces mots: « après rétroolfaction… » (formule magique éprouvée) lancez vous joyeusement dans une anecdote d’enfance que ce vin vous évoque,un souvenir amoureux, qu’importe à ce stade votre public ébloui boit vos paroles. N’oubliez tout de même pas quelques adjectifs pompeux et obscurs (monolythique,empyreumatique…) pour entretenir le mystère. Parlez enfin de la persistance aromatique, pour finir en beauté. Tentez  quelque accord hasardeux avec un plat le plus compliqué possible . Cela finira de ravir votre auditoire qui se levera probablement pour une standing ovation bien méritée.

Alors on dit merci qui?

28 décembre 2008 at 1:17 9 commentaires

Under Construction

Je déménage … C’est presque fait, un peu de patience donc, et on continuera à parler vins et gourmandises…

28 décembre 2008 at 10:40 5 commentaires

Freeeeeeeeeeee Styyyyyyyle

J’avais envie de faire un tagine aux figues. Mais impossible d’en trouver de fraiches quand je suis allée faire les courses. Donc, bien obligée d’improviser et de trouver une solution. La viande étant déjà achetée, de l’agneau…Alors, je me suis dit: » Soyons fous. Tentons un truc. »

J’ai donc pris des poires à cuire, et décidé de faire un tagine agneau-poires-miel-épices.

C’était une première, et un peu risquée, puisque je me lançais sans recette, et en ayant des invités. Un essai qui devait impérativement être transformé. Mais vu qu’ils ne sont manifestement pas morts, et qu’ils en ont même repris, je vous livre la recette.

Donc il vous faut:

1kg d’épaule d’agneau
10 poires à cuire
2 bonnes cuillères de miel
2 oignons
une pointe d’ail
2 c à soupe de ras el hanout
2 c à s de cannelle
4-5 grains de cardamone
1 c à café de piment d’espelette
le jus d’une orange
On commence par faire rotir les oignons à la poele. Quand ils sont bien dorés, direction le plat à tagine. Puis on dore bien la viande, et on lui ajoute l’ail. Une fois que c’est fait, hop dans le plat. Ensuite, dans la poele, on mets le miel, et les épices On laisse quelques secondes, chauffer, puis on ajoute l’équivalent d’un à deux verres d’eau.

On verse tout ds le plat, et on démarre le tagine. Au bout de deux heures de cuisson, on pèle et on evide les poires en tachant de les garder entière, et on les dispose dans le tagine. Plus longtemps ça cuit, le plus doucement possible, mieux c’est. Les poires doivent être fondantes et la viande doit se couper à la cuillère. Compter au moins quatre heures de cuisson. A la fin, saler, poivrer, selon le goût, et ajouter le jus d’une orange pour amener une pointe d’acidité.

Voilà, c’est tout.

Tres simple à faire, et délicieux.

Free style, quoi …

27 décembre 2008 at 5:30 Laisser un commentaire

Bouchonne moi ça

On ne s’intéresse pas toujours au contenant de ce que nous buvons. Et c’est parfois dommage. Parce que, surtout en ce qui concerne le vin, ça peut avoir une grande influence sur le produit que nous aurons dans nos verres. C’est surtout au bouchon qu’on va s’intéresser. Parce qu’on entend souvent parler de la problématique des bouteilles bouchonnées, et abimées par un mauvais bouchon. Quelle plus grande déception que d’ouvrir un flacon et de percevoir ces arômes désagréables caractéristiques?Bon, sachant que le parasite responsable du goût de bouchon siège dans le liège, la solution qui saute aux yeux, est de se passer de liège. Bah oui, ça parait logique. Mais c’est un peu vite oublier que si l’on se sert du liège depuis si longtemps, c’est pour une raison bien précise: sa perméabilité idéale à l’air et qui permet un échange parfait entre le vin dans la bouteille, et l’air extérieur. Mais bon, ça ne va pas arreter les chercheurs et ingénieurs, qui se creusent la cervelle pour trouver des solutions à la fois économiques et satisfaisantes quant à la conservation des vins.

On connait le bouchon synthétique ( dont ceux de la société Normacork, belge). Mais d’après les analyses et le recul que l’on a sur les bouteilles bouchées de cette manière, il semblerait que la perméabilité obtenue avec ce type de bouchon, n’autorise pas une garde de plus de trois ans. Au delà, les vins se flétriraient. Pour tout ce qui est gamme de consommation courante, rapide, c’est une bonne solution, mais pour les vins de garde ? Qu’est ce qu’on fait?

Voilà peut être la solution: un nouveau bouchon, mis au point par le groupe industriel italien Guala, spécialisé depuis un demi-siècle dans l’emballage complexe « haute technologie ». Durant 5 ans, et avec pas moins de 4 millions d’euros de budget, ils ont planché sur la problématique, arrivant à la conclusion que pour réunir toutes les qualités propres au bouchon de liège, en utilisant des matériaux synthétiques, il faudrait privilégier un bouchon en trois pièces. Un axe, une enveloppe perméable, et un bouclier qui soit en contact avec le vin, sans lui transmettre aucun goût ou défaut.

Testés, retestés, etc, les bouchons semblent tenir leurs promesses. Les résultats de conservation atteints par les bouteilles bouchées par ces bouchons nouvelle génération par rapport à des bouteilles de vin bouchées au liège apparemment donnent des résultats équivalents. (perméabilité de 0,008 à 0,012 cm3 d’oxygène de l’ensemble goulot-bouchon par 24 heures).Autre avantage non négligeable, la technicité de production de ces bouchons fait que la machine qui les fabrique peut produire quelque 25 millions de bouchons par an.

Pourquoi pas ? Après tout, si l’on peut éviter le gout de bouchon, en ne nuisant pas à la qualité de conservation, c’est bien. Si l’ont peut déboucher une bouteille sans la crainte de tomber sur un truc louche, c’est cool. Maintenant, est on pour autant obligé de donner une forme de suppo à ces bouchons là ? J’en doute 😉

16 décembre 2008 at 5:34 Laisser un commentaire


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